Objectif : Ressortir les stades au diagnostic du rétinoblastome au Niger et d’évaluer l’impact du programme de « campagne de diagnostic précoce » lancé n 2021. Méthodologie : Il s’agissait d’une étude rétrospective sur 6ans et 10mois (Janvier 2016 à Octobre 2022). Étaient inclus tous les cas de rétinoblastome admis dans le Service d’Ophtalmologie de l’Hôpital National Amirou Boubacar Diallo (HNABD) ayant bénéficié d’un examen ophtalmologique incluant un fond oeil, d’un scanner orbito-cérébral et/ou d’une échographie oculaire avec un examen histologique. Résultat : Le sexe masculin représente 65,55 % (n = 78, sex-ratio : 1,9). L’âge moyen était de 36 mois. Le rétinoblastome représente 43,27 % des cancers pédiatriques, dont 10,92 % de cas bilatéraux dans notre travail. Plus de la moitié des patients (58 %) ont consulté les guérisseurs traditionnels avant de se présenter au centre médical. La distance parcourue par les patients pour se rendre au centre de référence varie de 113 à 1355 kilomètres. Les signes cliniques les plus retrouvés sont la leucocorie 39,5% (n=47), l’exophtalmie 34,45% (n = 41) et l’exorbitisme dans 15,97 % (n = 19). Un scanner orbitocérébral a été demandé dans 54,62 % (n = 65) des cas. Les formes extra oculaires représentent 47,90 % (n = 57). Une chimiothérapie néoadjuvante a été utilisée dans 63,03 % (n = 74). Une histologie est réalisée dans 26,89% (n= 32), le résultat histologique est obtenu en 14 jours en moyenne. Conclusion : Le diagnostic de rétinoblatome est posé à un stade avancé dans notre contexte, la visite chez les tradipraticiens ainsi que l’éloignement des certaines régions contribuent au retard de diagnostic. La poursuite du programme de campagne de diagnostic précoce pourrait inverser la tendance.