La formation médicale à l’Université de Niamey repose sur un cursus long alternant cours théoriques, travaux pratiques, stages hospitaliers et examens cliniques. L’objectif final est de former un médecin compétent, conforme aux cinq rôles définis par l’OMS : dispensateur de soins, décideur, communicateur, gestionnaire et acteur influent dans la communauté. Cette compétence repose sur l’équilibre entre aptitudes techniques (gestes, raisonnement médical, maîtrise des procédures) et compétences non techniques (communication, travail d’équipe, gestion, prise de décision). La nécessité d’améliorer la méthodologie pédagogique : passer d’un enseignement centré sur la transmission passive des connaissances à un apprentissage actif, contextualisé, où l’étudiant est au centre et le professeur joue un rôle de facilitateur. L’acquisition des compétences doit intégrer trois types de savoirs : déclaratif, procédural et conditionnel. Dans ce contexte, la simulation clinique (SC) apparaît comme un outil essentiel du dispositif moderne de formation. Elle consiste à utiliser des mannequins, simulateurs procéduraux, réalité virtuelle ou patients simulés pour reproduire des situations cliniques dans un environnement contrôlé. C’est une méthode d’enseignement, et non une technologie, permettant de répéter les gestes et les décisions jusqu’à la maîtrise, sans risque pour le patient. Les avantages sont nombreux : apprentissage des procédures diagnostiques et thérapeutiques, développement des compétences non techniques (communication, travail en équipe, gestion de crises), amélioration de la prise de décision, analyse des pratiques, renforcement de la sécurité des soins. La SC joue un rôle clé dans la prévention des erreurs médicales, illustrée par le modèle du « fromage suisse » de Reason : 60 à 70 % des erreurs seraient évitables par une meilleure préparation et coordination. La SC a un champ d’application très large : formation initiale, développement professionnel continu, recherche, prévention pour le grand public et amélioration de la sécurité dans les environnements à risque. Dans les pays à ressources limitées comme le Niger, elle permet de préparer les équipes aux situations d’urgence fréquentes, de compenser la rareté de cas complexes pour l’apprentissage et d’améliorer la qualité globale des soins.